Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 21:00

 

Alors, ainsi, ce sera moi. Demain, dans une semaine ou dans deux mois, quelques lignes dans le journal pour évoquer brièvement ma vie, le bien que j'ai pu faire, mes dernières minutes de vie. La tristesse et la colère de mes proches, de mes collègues. Ce n'est pas si horrible à vivre en fait. Je n'ai presque eu le temps de me rendre compte de rien. Juste cette conscience aiguë d'être le prochain fait divers pendant que mon esprit déjà essaie de fuir la scène de crime. J'ai toujours eu horreur du sang. Le fait qu'il s'échappe de plaies abdominales de mon propre corps n'est pas pour me le rendre plus attrayant. Autant partir, là, simplement, que d'essayer de lier toutes ces sensations disparates. Les yeux fermés la douleur n'est pas si forte. Les yeux ouverts, je suis pris de spasmes en visualisant l'horreur, le sordide et l'absurde de ma situation. La prochaine fois, je penserai à baisser la tête devant ce genre de personnes. La prochaine fois... Mais, au fait, le chat n'a pas mangé ce matin. J'espère qu'on retrouvera vite mon corps et qu'on pensera à s'occuper rapidement de lui.

Par Haku - Publié dans : Divers fiction
Ecrire une bafouille - Voir les 0 bafouilles
Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 10:57

Sèche, la main claque sur la peau nue. Pas vraiment de douleur, à peine un pincement. Le bruit, lui, est impressionnant. Il sonne comme une tasse de porcelaine s’écrasant sur le sol. Il provoque à lui seul un sursaut, un frisson le long de l’échine. Le courant d’air de la main qui se relève et prend son élan procure quelques secondes d’anticipation troublée avant le claquement suivant. À nouveau, les paupières se plissent au moment du choc, la tête se baisse, la nuque s’enroule, tentant d’esquiver le coup à venir. Mais le corps l’accueille lorsqu’enfin il tombe, mettant brutalement fin à l’attente anxieuse. Encore une fois, plus de peur que de mal. Déjà, le rouge rosit puis blanchit. La seule marque qui ne s’estompera finalement pas est l'égo égratigné, la fierté ravalée qui rejaillira dans un magnifique flamboiement d’yeux défiant le monde entier.

Par Haku - Publié dans : Arrêt sur image
Ecrire une bafouille - Voir les 0 bafouilles
Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 14:53

Elle est partie un beau matin, me laissant seule face au vide vertigineux de mes pensées. J'attendais sagement qu'elle revienne, mais depuis deux jours, je m'impatiente. Et si elle t'avait suivi? Si elle t'attendait pour revenir d'elle-même? Non, ce n'est pas plausible. Je pense qu'elle se cache, pauvre petite chose, attendant que je la cherche activement pour donner signe de vie. Elle ne veut m'être d'aucun secours, me laisse me dépêtrer de mes phrases en trop, mes pensées incohérentes, mes sentiments en pagaille. Ça ne la regarde pas, après tout. Peut être que quand je serai disposée à me laisser guider hors de moi à nouveau, elle reviendra. Me fera voyager, vibrer, rencontrer tout un tas de personnages. Créera avec moi d'autres mondes. M'aidera à dérouler le fil pour une poignée d'irréductibles, fidèles au poste. Alors je donnerai toute ma verve, étalerai ma prose, glisserai avec plaisir les doigts sur le clavier, presserai mes méninges pour en tirer le jus, et livrerai le nectar de mes divagations.

Par Haku - Publié dans : Broken thoughts - Communauté : ECRIMANIA ou le désir d'écrire...
Ecrire une bafouille - Voir les 0 bafouilles
Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 15:04

Test. Un, deux, un, deux. Tenez Monsieur, soyez gentil, allongez vous-là, comme ça, c'est bien. Est-ce que ça ferme? Oui, c'est bon alors. Du sur-mesure, je vous l'avais dit. Attendez une petite minute, les porteurs vont essayer de soulever le tout. Voilà, c'est bien, c'est déjà fini, vous pouvez sortir.

Donc, pour le trajet, sachant que vous paierez au kilomètre, quel itinéraire choisissez vous? Vous voulez les faire marcher longtemps ou pas? Oui, bien sûr, on peut le faire ensemble à pieds, vous choisirez après. Bien, montez donc dans le corbillard pour le repérage. Côté passager, c'est bien, vous passerez à l'arrière bien assez tôt.

Et pour la réception qui suit? Voulez-vous goûter à tout pour en profiter vous aussi avant l'heure? Bien sûr que c'est possible. Il ne manquerait plus que ça, que vous ne profitiez de rien ! Non non, vous pourrez ainsi anticiper l'évènement comme une bonne surprise pour vos proches. Une dernière fête dont vous serez l'hôte. Voilà, je vous laisserai composer le menu avec mon assistante.

Pour terminer, nous allons procéder aux essayages de costumes, coiffures et coutures. Non, rassurez-vous, on ne va pas vous coudre pour de vrai. On va d'abord mouler votre visage, prendre les mesures et tout reporter pour le jour J. Essayez donc de tenir vos lèvre comme ça. Regardez, si je fais ça de cette manière, ça rendra ça. Ça conviendra? Oui? Parfait monsieur.

Bon, je vous raccompagne. Nous ne nous reverrons à priori pas, mais soyez rassuré, tout se passera bien, vous serez comme il se doit le centre de l'attention et personne ne pourra trouver à redire à votre dernière prestation.

Par Haku - Publié dans : Divers fiction - Communauté : écriture "expérimentale"
Ecrire une bafouille - Voir les 0 bafouilles
Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 11:01

Il y a la grisaille, le quotidien, la fatigue, les frustrations. Il y a parfois un lever de soleil orangé sur le canal. Il y a les heures trop courtes, les échéances qui tombent en pluie, la course à la vie, les on n'en voit pas le bout. Et puis il y a le sourire franc et sincère d'un inconnu croisé au hasard d'une rue. Il y a la routine, l'ennui, les humeurs maussades et les vague-à-l'âme. Et là, il y a un coquelicot qui éclate en éphémère joie sur le bord du chemin. Il y a les larmes, les doutes, les creux de vague, la solitude. Il y a alors le ronron d'un chat roux au réveil. Il y a les trucs qui ne marchent pas, l'agacement, l'éloignement et la promiscuité. Il y a l'odeur d'une tartiflette qui grille dans le four. Il y a une rixe dans la rue cette nuit, du sang sur le trottoir ce matin, les poubelles qui débordent, la caisse du chat à changer. Il y a juste là la douceur d'une caresse et la chaleur de bras câlins. Il y a l'œuf trop cuit sur la pizza, le dessert qu'on convoitait commandé par le client juste avant, la dernière bouteille de lait finie avant le petit déjeûner, vingt minutes de pubs avant le film. Il y a également des heures de partage dans un groupe accueillant. Il y a l'odeur de cigarette le matin dans la rue, le bus en retard, le bus en avance, le bruit des voitures tout le long du trajet. Mais il y a trois minutes de danse en accord parfait avec son cavalier. Il y a le téléphone muet, des factures dans la boîte aux lettres, les cris des enfants dans le train, un incident voyageur dans le métro. Il y a surtout une deuxième brosse à dent dans la salle de bain et ta tête sur l'oreiller. 

Par Haku - Publié dans : Broken thoughts - Communauté : ECRIMANIA ou le désir d'écrire...
Ecrire une bafouille - Voir les 2 bafouilles

Présentation

Rechercher

Derniers Commentaires

Partager

OverBlog

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés